La réponse au « Pourquoi ? Comme si les accusations directes et nominales s’étaient plutôt déversées dans Châtiments. 7« Quelques mots à un autre », en I, 26, daté fictivement de novembre 1834, sert de relais à cette « Réponse » et annonce « Écrit en 1846 » qui, placé au livre V, fut écrit à sa suite et antidaté pour les mêmes raisons de composition biographique. Son dépassement est aussi une victoire personnelle et politique. États - Unis. Article « Les Contemplations », le contexte historique. « Dolor » (VI, 17), placé à la suite d’« Horror »25, transforme la douleur en expiation et exalte « les grands sacrifiés rêveurs ». Il inclut, cependant, une réflexion sur le rapport entre cette « destinée » et l’évolution politique et poétique de l’énonciateur, poétique où le « moi » de Châtiments est fortement interrogé. Hugo n'avait pas publié de "poésie pure", comme il définit Les Contemplations au cours de leur préparation, depuis 1840, date de publication des Rayons et les ombres. Article « Les Contemplations », la structure de l’œuvre. Dans le livre des Contemplations, Victor Hugo tient ses yeux et son esprit attachés sur lui-même. Ce sont là, pour employer l'expression même de Hugo, « … L’infini, et le bien-fondé de la contemplation, on l’a vu, triomphent dans la chronologie des poèmes successifs. bois profonds ! "Théâtre et société"). Le recueil est également divisé en deux grandes parties : Autrefois et Aujourd'hui. se composeront de deux volumes : premier volume : , Dramaturge, romancier, poète, Victor Hugo est devenu un monstre sacré de la littérature française. Pour le proscrit, relégué, exclu, insulté, il est une voie d’accès à la vérité et à la paix. Profil d'une oeuvre, Hatier n° 76, "Les Contemplations" de Victor Hugo, de Pol Gaillard et Arnaud Laster, 4,50 €, des clés indispensables pour lire l'oeuvre (Le contexte historique, la structure du recueil, et l'étude des problématiques essentielles (Libération du vers et du mot, le désir et l'amour, l'épreuve du deuil, la dénonciation des injustices). ; Politique de confidentialité C’est l’ascèse de leur très laborieuse démarche concrète, intellectuelle et spirituelle, qui les fait extraire, comme l’a bien montré Jacques Seebacher17, le Dieu de la création : Ils tirent de la créatureDieu par l’esprit et le scalpel ;Le grand caché de la natureVient hors de l’antre à leur appel ;À leur voix, l’ombre symboliqueParle, le mystère s’explique, […]18. Victor Hugo ; Les Contemplations, II, 25, Je respire où tu. 12 Le mot est pris dans son sens étymologique. Le livre est donné comme partagé en deux partie : Autrefois, 1830-1843, Aujourd’hui, 1843-1856. septembre 1843, séparant le 2. Le poème dont la majeure partie est écrite en janvier-février 18558, joue un rôle essentiel dans la définition du terme de contemplation dont le principe est ancien chez Hugo9, mais dont la précise acception est ici déterminante pour la compréhension de la poétique des deux derniers livres. Mais les poèmes les plus anciens de ce recueil datent de 1834. importante dans la seconde partie que dans la première ; les poèmes, Victor Hugo, 1853. Leur répondent dans Les Contemplations, « Réponse à un acte d’accusation / Suite », « Veni, vidi, vixi », « Écrit en 1846 / Écrit en 1855 ». Classiques de Poche, éd.Livre de Poche Octobre 1853. 11 « Sondant l’être, la loi fatale, / L’amour, la mort, la fleur, le fruit […] » (« Magnitudo parvi », III). Mais si Châtiments a bien pour objet essentiel l’histoire contemporaine, satire patronnée par la « Muse Indignation » de Juvénal, le recueil inclut une double réflexion sur la force du Verbe et le caractère performatif des coups qu’il porte ainsi que sur l’histoire de l’auteur et son évolution historique qui est le sujet de plusieurs poèmes. L’accusation apparaît avec la deuxième partie, elle est politique : l’innocent enfant est devenu « libéral », « jacobin ». Le poème est adressé aux enfants du poète qui partagent son sort, l’épreuve, avec la lutte qu’elle suppose. [...], noyée dans la Seine, au large de Villequier, lorsqu'il prétend réformer la Constitution, Ecrit sur un exemplaire de la 'Divina Commedia', 26 poèmes + un poème Le renouvellement de l’écriture classique, qui rend compte parfaitement des trois premiers livres, a franchi un degré. Mais la censure quexerce Charles X sur la presse comme sur les œuvres littéraires le fait évoluer vers le … C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, les Mémoires d'une âme » (Préface). Mais cela, après l’expérience d’un exil qui n’est plus qu’enfermement dans un cachot ou une tombe au plafond définitivement scellé. La Révolution française de 1789 a créé un torrent d'idéaux romantiques dans toute l'Europe. 28Les poèmes que l’on peut dire de la misère sociale, de l’isolement du misérable à l’intérieur d’une société qui le rejette, traversent le recueil et d’abord le troisième livre, Les Luttes et les rêves, qui marque l’accès à la connaissance de la société avec tout ce qu’elle suppose d’intrusion du mal dans un monde jusque-là observé dans la nature et au prisme de l’amour. livre triplement, par son titre latin qui l'isole des autres, par la Voyez les conditions d’utilisation pour plus de détails. Passé à l’opposition, il se bat désormais contre l’élection de Louis-Napoléon à la présidence de la République. Les textes sont disponibles sous licence Creative Commons Attribution-partage dans les mêmes conditions ; d’autres conditions peuvent s’appliquer. « Écrivains », 1993, p. 141. Dans « Le Mendiant » (V, 9), le poète accueille le pauvre qui place devant la cheminée le haillon qui lui sert de vêtement. Mais, comme le dit Ludmilla Wurst, « les deux recueils n’en restent pas moins complémentaires », au-delà de leur différence évidente. Les Châtiments de Victor Hugo ont été publiés pour la première fois en 1853, soit deux ans après le coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte. Avant le redressement qui surgit en leur terme, les figures, témoignant de cette poésie nouvelle évoquée par « Ô strophe du poète… » (V, 25), se confondent avec l’expérience de l’exil : la tempête, l’ouragan, la foudre, le gouffre, le naufragé. D’autant plus que la conclusion, pour positive qu’elle soit, n’est pas le pur franchissement de la contradiction. Les deux premières références sont à Caton, se perçant de son épée et à Dante, l’exilé. Reste qu’il précède la deuxième partie Aujourd’hui, celle de l’expérience de la mort et de l’exil. « Ce que dit la bouche d’ombre », long poème discursif qui, avec la caution implicite de la révélation des Tables, propose une eschatologie ésotérique confirmant au plan métaphysique le principe du crime portant en lui, morale et physique confondus, son propre châtiment. » dans les deux parties suivantes superpose la montée de l’histoire et celle de l’âge d’homme : un même paradigme réunit « J’ai grandi », « J’ai vécu ; J’ai pensé » : J’ai pensé. ». 10À la découverte de la nature « Prodigieux poème » et de l’homme « autre alphabet » où le mal apparaît, a succédé la lecture de l’histoire et l’intelligence des Révolutions « monstrueuses marées, / Océans faits des pleurs de tout le genre humain ». Mais avant de voir quel genre de spirite a été Hugo et ce qu’il peut nous apprendre du phénomène, je voudrais revenir sur ces événements étranges qui fournissent une partie du contexte de publication des Contemplations. Il faut attendre les affaires de Rome en octobre 1849 pour que la rupture avec la droite soit consommée. » : « Tout est horreur et nuit. Dans « Les Mages », au contraire, le mot est le dernier du poème, et semble correspondre à l’accomplissement de la contemplation, précédant l’énigme de « L’extase de la mort sacrée » : En attendant l’heure dorée,L’extase de la mort sacrée,Loin de nous, troupeaux soucieux,Loin des lois que nous établîmes,Allez goûter, vivants sublimes,L’évanouissement des cieux ! Cette seconde partie composera Châtiments publié en 1853. C’est un ouvrage imposant : plus de dix mille vers, qui a nécessité une publication en deux volumes. Más informació ; Contexte. solitudes ! Le contexte historique du XVIème siècle : De la brigade à la pléiade. Le premier livre devient donc le livre du passé, de la jeunesse, de la découverte de la nature, de l’amour et de la société, le second celui de la mort réelle et symbolique, recentrée in fine sur le temps de l’exil, celui de la composition définitive du recueil. Mais il va rapidement prendre un caractère universel. Ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, agrégée de Lettres modernes, elle a publié Le Cabaret de l'Ecluse (1951-1974).Expérience et poétiue des variétés (PUL, coll. prendre en charge 8 Jean Gaudon donne les étapes de la composition d’après... 9 Voir l’ouvrage de Jean Gaudon, Le Temps de la Contempl... 10 À Hetzel, le 12 juillet 1855 : « Je recommande à votr... 13Le travail de la composition, de la disposition des poèmes dans le volume est essentiel. La plupart de ces poèmes ont été écrits entre 1846 et 1855 . 20 On peut y voir des allusions directes dans « Melancho... 27En revanche, le poète trouve des porte-parole intérieurs dont l’exil n’est pas d’être éloigné physiquement de France, mais de vivre à l’intérieur de leur patrie. Contexte historique et social. 3 La Préface précise, on le sait, la fusion entre auteur... 3Deux poèmes de Châtiments évoquent l’histoire politique du poète : « Ce que le poète se disait en 1848 » et « Écrit le 17 juillet 1851, en descendant de la tribune », revirement qui suppose le passage d’une poétique du retrait à celle d’une parole de vérité. 2Le premier affiche sa dimension pamphlétaire ayant pour objet, Napoléon III, « le drôle en chef » et ses sbires du second Empire. 21Cette ascèse est celle de la contemplation, paroxystique : l’écoute de la nature, la perte de soi dans le regard-rayon qui relie l’âme à celui qui émane de Jéhovah, rattachant ainsi Dieu aux hommes, l’engloutissement enfin dans la vie universelle. », échappe au crime qui régit la société. En revanche, le pâtre, dont le feu est aperçu au loin, parvient, lui, à franchir la limite de ce qu’atteint « notre âme humble et lasse ». 17 Jacques Seebacher, « Sens et structure des Mages », d... 20Les Mages, savants, poètes, penseurs, philosophes, ermites célèbres retirés dans la nature, apôtres, prophètes, souvent soumis eux-mêmes à la solitude, au malheur et à la persécution, « contemplateurs pâles/ Penchés sur l’éternel effroi14 », apparaissent à « la foule égarée15 », condamnée à l’ignorance, à l’angoisse et à la mort, et lui révèle Dieu. « Magnitudo parvi » prépare cette identification : 13 Le pronom personnel désigne ici la solitude. Ils répondent à l’exilé, au proscrit condamné au « noir cromlech16 » et à sa nuit. Un long développement sur la faim comme « crime public », assassinat de l’homme par l’homme qui l’ignore, alors que la nature, encore, fait vivre et nourrit ses enfants. « Magnitudo parvi », daté fictivement de 1839, se situe à l’extrémité du livre III. Au cours du XIXe siècle son insatiable activité littéraire se fait de plus en plus lécho de son engagement politique. – Je suis content ». Le concept d’« évanouissement » qui se précise dans « Les Mages » introduit une équivoque qui, d’une certaine façon, plane sur l’ensemble du livre VI. Les Contemplations sont un recueil poétique de Victor Hugo. Lorsque l’ascèse dépasse l’espace moral, matériel, social pour se résoudre en vide métaphysique, la contemplation est mise en échec. Ils constituent l’une des sources des Contemplations, leur voix off en quelque sorte. J’ai rêvé près des flots, dans les herbes, […]Oui, dans le même temps où vous faussiez ma lyre,Marquis, je m’échappais et j’apprenais à lireDans cet hiéroglyphe énorme : l’univers. tout est sépulcre. L’auteur et le contexte historique et culturel des Contemplations 13 fondé en 1818, dont l’auteur des Mémoires d’outre-tombe, très proche de ce courant plus royaliste que le roi, était l’un des rédacteurs en chef. La dernière modification de cette page a été faite le 4 août 2018 à 20:48. sont en effet, plus longs, en particulier dans le livre 6. Il s’agit des « Malheureux » (V, 26), écrit en septembre 1855, placé consciemment à la fin du livre V, En Marche, où c’est plus directement le malheur familial et social propre à l’exil qui est en cause. C’est la dernière épreuve que subit le proscrit en même temps que l’ultime crime commis contre lui. 9Le contexte révolutionnaire est présent dès les premières visites du « marquis » : la Révolution n’effraie pas ce dernier : « Vous marchiez sur le peuple à pas légers – et lourds ». Les Contemplations réfléchissent l'aspect et traduisent les joies ou les douleurs de « vingt-cinq années », autant dire de toute une existence. Histoire littéraire. Ses aspects sont divers : la femme obligée de se prostituer et en proie à l’infamie ; l’escroc qui condamne le vol d’un pain par un indigent. 9 Voir l’ouvrage de Jean Gaudon, Le Temps de la Contemplation, Paris, Flammarion, 1969. Recueil de 158 poèmes rassemblés en 6 livres que Victor Hugo a publié en 1856. 11« Écrit en 1855 » fait fictivement franchir l’espace de neuf ans qui sépare le « libéral » de 1846 du proscrit politique, « post-scriptum » au message envoyé au Marquis dont la mort probable ne le sépare guère de l’état de mort-vivant où se trouve désormais l’exilé. L’ère advenue de l’idée, née de la Révolution politique, force à prendre parti dans le monde des lettres et réfute une poétique et une éthique socio-politique appartenant à des temps dépassés. 4 Voir sur ce point les travaux fondateurs de René Journ... 4La composition du recueil suppose un vaste travail de réflexion dont témoigne en particulier le jeu savant des dates attribuées à la rédaction des poèmes. Le recueil des Contemplations se présente d’abord comme très éloigné du pamphlet satirique, tant du point de vue de l’énoncé, « une destinée est écrite là jour à jour », que de l’énonciation effaçant largement la part « personnelle » de la voix poétique, « ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne ». « Voyage de nuit » (VI, 19) reprend les éléments du doute négatif : Nous appelons science un tâtonnement sombre […] Le crime avec la loi, morne et mélancolique, Lutte ; le poignard parle et l’échafaud réplique […] Tout est brume ; 40Mais « l’azur » surgit à la fin, et c’est vers lui qu‘est emporté le navire humain. ... paru en 1856 dans le recueil Les Contemplations - contexte historique : Durant les successions de régimes politiques, la révolution industrielles et les bouleversement sociaux. Depuis Les Rayons et les Ombres (1840), Victor Hugo (1802-1885) n'avait pas publié de recueil lyrique. Textes et contexte pour l'étude des Contemplations de Victor Hugo. Après le collège, réduit à l’apprentissage des vers latins, la confrontation entre la nature et l’art se heurte à l’état d’une langue : « La langue était l’état avant quatre-vingt-neuf ; / Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ». 8 Jean Gaudon donne les étapes de la composition d’après Journet et Robert. Il est construit comme les pièces du livre I, dont on vient de parler, en longs paragraphes d’alexandrins à rimes suivies. Le poème des « Mages » est situé à la fin d’Au bord de l’infini, livre de l’exil encore, mais placé sous le signe de l’interrogation métaphysique qui sous-tend la vie tourmentée du proscrit. Cet immense poème de 672 vers est une vaste interrogation sur la mort et l’éventualité de l’infini. La « Réponse », en I, 7, est le texte le plus long et a comme objet premier le nécessaire renouveau esthétique des années 1820 : Donc, c’est moi qui suis l’ogre et le bouc émissaire.Dans ce chaos du siècle où votre cœur se serre, J’ai foulé le bon goût et l’ancien vers françois […]. Le moi du poète se dissout en ces pages, elles-mêmes appelées à leur dispersion « en étoiles dans l’ombre » : Prends ce livre ; et fais-en sortir un divin psaume !Qu’en tes vagues mains, il devienne fantôme !Qu’il blanchisse, pareil à l’aube qui pâlit,À mesure que l’œil de mon ange le lit,Et qu’il s’évanouisse, et flotte et disparaisse. 01:49 « Les Contemplations » de Victor Hugo Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne. À la question « Pourquoi ? Celui-ci refuse la plainte du poète et lui oppose la paix et le bonheur dont il jouit dans la nature : Quand l’aube luit pour moi, quand je regarde vivreToute cette forêt dont la senteur m’enivre,Ces sources et ces fleurs, je n’ai pas de raisonDe me plaindre, je suis le fils de la maison. 27 « Veni, vidi, vixi » est écrit à la suite de son échec à la députation comme candidat de droite. 8« Écrit en 1846 » est composé à dessein sur le même modèle d’une réponse à un accusateur. 26 Retrait qui s’oppose à l’accomplissement : le dévoile... 43Cette ultime mort au monde qui passe par l’« évanouissement » de l’œuvre semble mettre un terme au long renoncement imposé par l’exil, à la fois acceptation, sacrifice du « moi » terrestre, et accès glorieux de l’âme à la confusion avec la nature. En particulier, et immédiatement repérables, les longs poèmes Dominique Vaugeois2016-09-20T13:41:00XXnarratifs, écrits en 1854 et 1855, « Réponse à un acte d’accusation » (I, 7) / « Quelques mots à un autre » (I, 26) sont datés fictivement de 1834 ; et à l’autre extrémité du recueil au livre V, « Écrit en 1846 » (V, 3) et « Écrit en 1855 » ( V, 3) affichent une datation fausse dans leur titre même. Une révolution esthétique devait faire suite à la Révolution politique, relevant du même progrès. Au livre V, l’aboutissement dans « l’infini » de cette mort au monde que représente la misère se fera plus explicite. Parmi ce peuple d’opprimés, dont la politique impériale augmente la détresse, Hugo, jouant de l’identification, ne manque pas de faire une large place à l’homme de génie dont la vocation est précisément d’amoindrir les misères et de faire advenir le progrès. Le poème  « Ô strophe du poète, autrefois, dans les fleurs » (V, 25,) décrit cet arrachement forcé que l’exilé a fait subir à une poésie autrefois en symbiose avec sa propre découverte de la nature, de l’amour, des hommes, pour que désormais le poète la contraigne, « Proserpine sinistre », à partager la prison du « sévère habitant de la blême caverne ».